Ma route vers la liberté

Je me rappelle très bien de la première fois que j’ai dit à quelqu’un que j’avais un problème avec la pornographie et la masturbation. J’avais tellement honte que ça m’a pris 5 minutes pour arriver à le formuler. J’ai commencé par dire : “J’ai besoin de te dire quelque chose et c’est  assez grave.” J’ai beaucoup pleuré, et j’ai relevé les yeux pour regarder mon amie seulement à la fin de ma confession. Elle a poussé un grand soupir de soulagement et elle a dit : “ah mais c’est seulement ça ! Ah mais ouf, tu étais tellement dramatique que j’ai cru que tu avais tué quelqu’un !”
J’avais lu plusieurs articles écrits par des chrétiens qui disaient que pour sortir de l’addiction à la pornographie, il fallait absolument se trouver des personnes de confiance avec qui partager ce fardeau et être redevable.
A l’époque, j’avais déjà des copines avec lesquelles on partageait les choses difficiles de nos vies. Mais jamais je n’avais eu besoin de dire à l’une d’entre elles ce que je faisais en secret derrière mon ordinateur. Je me souviens toujours du grand soulagement que j’ai ressenti quand mon amie m’a répondu en me regardant dans les yeux.

Il faut dire que la honte et la peur de leur jugement m’avaient empêchée de partager ce problème avec elles de nombreuses fois.

Cette première conversation m’a permis d’expérimenter la grâce comme je ne l’avais expérimentée avant. La grâce dans cette situation, c’était d’être regardée, considérée, et aimée par mon amie alors que ma confession aurait pu la faire fuir. La réaction de mon amie était pour moi un écho de la réaction de Dieu :  elle n’était pas dégoûtée par moi et mes actions, et elle ne m’avait pas tourné le dos. Dieu, qui est infiniment plus aimant et pardonnant que mon amie, ne me tournait pas le dos non plus. Il ne s’était pas détourné de moi.

Après cette première conversation, j’ai écrit des lettres à quelques autres amies pour leur dire ce qu’il se passait. Je voulais en parler avec quelques autres copines proches, parce que j’en avais marre de cacher cela.

Le fait d’en parler, et de le mettre en lumière a enlevé une bonne partie de la honte qui était si présente en moi.

Mais le fait d’en parler n’a pas enlevé les tentations, les images de ma tête ou les habitudes malsaines que j’avais adoptées.
Pour marcher dans la liberté, j’ai mis plusieurs choses en place en plus de m’entourer d’amies de confiance :

J’ai un logiciel de redevabilité/contrôle parental sur mon ordinateur et téléphone. C’est un logiciel payant, et chaque mois, je fais le choix (et ce, même quand j’étais étudiante et que j’avais moins de moyens), de payer pour me protéger d’images que je ne veux pas regarder.

Comme mes tentations ne diminuaient pas, je suis allée voir une thérapeute chrétienne pour m’aider à mieux comprendre. Découvrir quels étaient les problématiques cachées derrière mon problème avec la masturbation et la pornographie m’a beaucoup aidé. Je peux maintenant remplir mes besoins auprès de Dieu, plutôt que de chercher dans des comportements malsains jamais satisfaisants. L’addiction à la pornographie ou la masturbation compulsive sont souvent des symptômes d’une problématique plus profonde, et c’est important de mettre cela en lumière pour comprendre et trouver la liberté auprès de Dieu. Si tu n’arrives pas à t’en sortir, même après avoir trouvé des amis avec qui cheminer, je te conseille de trouver un thérapeute qui pourra t’aider d’une manière différente.

J’essaye d’être sensible aux jours où j’ai eu des déceptions, des frustrations ou d’autres émotions négatives. Cela me permet d’être consciente des situations qui sont propices à me faire chuter et je peux m’occuper de manière saine et faire face à mes émotions au lieu de les noyer dans des choses malsaines.

Belle marche dans la liberté !

S.